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Centre malango de Fatick : Un pôle des progrès de la médecine traditionnelle
Le remède du sida sera peut être africain, il pourrait même être en expérimentation au centre Malango de Fatiick, un pôle expérimental où malgré des moyens limités, la médecine traditionnelle fait ses preuves, statistiques à l’appui.

La médecine traditionnelle, dans la région de Fatick, “fait ses preuves malgré des moyens limités”, a confié à l'Aps Emile Niane, précisant que des acquis sont notés quinze ans après le démarrage des activités médicales en février 1989.

Selon Emile Niane, biologiste chargé du laboratoire médical du centre Malango de Fatick, l'établissement a obtenu dans une première phase (1989-1999) “un taux de réussite de 65 % de guérison totale, toutes consultations confondues”. A cela s'ajoute “une amélioration quantifiable de 25 %, c'est-à-dire que par rapport à leur état de départ, à l'arrivée au centre, des malades ont senti une amélioration”, a-t-il indiqué. Le centre a également réussi à s'installer dans d'autres régions du pays. Ainsi, ont été créées les associations de guérisseurs à Tambacounda, à Ziguinchor, à Keur Massar (Dakar), à Pout (Thiès), etc. Le centre Malango compte à son actif onze brevets d'invention de médicaments, octroyés par l'Organisation africaine pour la propriété intellectuelle (Oapi). De tels médicaments ont été expérimentés par des guérisseurs notamment dans le traitement du Vih/sida et du diabète. Ce qui fait dire à M. Niane qu'“avec nos partenaires de la diaspora, nous osons croire que le remède du sida peut être africain”.

Le biologiste chargé du diagnostic des patients illustre ainsi les progrès réalisés dans le cadre du traitement du sida : “une personne malade du sida s'est retrouvée au bout de six mois de traitement avec 50 virus par millilitre de sang contre 20 000 virus par millilitre de sang au début du traitement”.

“Au bout d'une année, cette personne pourrait guérir”, selon M. Niane, rappelant que ces résultats ont été présentés à la communauté internationale à travers le Sommet de Barcelone, en 2002, sur le Vih/sida. Selon Emile Niane, les guérisseurs ont réalisé des “percées” notamment dans le traitement des dermatoses (maladies qui affectent la peau), de l'hépatite B, du paludisme. “Toutes les pathologies rencontrées dans les hôpitaux font l'objet de traitement dans notre centre où pas moins de 90 % des patients ont été traités”.

Le centre des médecines traditionnelles ne manque pas d'endurer des difficultés liées en grande partie à l'accès aux produits de base des médicaments et à la situation précaire des guérisseurs. La rareté des pluies et la désertification font que certaines plantes médicales se font désirer.

Pour parer à cette situation, un jardin botanique, acquis sous financement du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), est érigé à Diakhao (16 kilomètres de Fatick), “histoire de préserver les espèces qui se raréfient”, selon M. Niane. L'électrification reste un manque à gagner, poursuit-il, ajoutant que la restauration des guérisseurs - ils veulent rester à la disponibilité des patients, obligés parfois d'élire domicile au centre - est aussi à prendre en compte.

Il a toutefois précisé que la situation s'améliore de plus en plus, estimant que qu'il y a une “réelle implication” des autorités locales au sein de la gestion du centre. Il regroupe un total de 450 guérisseurs dont 25 % de femmes sélectionnées dans la région.

Créé sous l'égide de l'Ong internationale Promotion de la médecine traditionnelle (Prometra) présente dans 16 pays d'Afrique, en Europe et dans les Caraïbes, le Centre Malango a été mis sur pied en 1989.

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